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Nov 12

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(Vidéo) Mikhaïl Gorbatchev à Berlin : « Nous sommes au bord d’une nouvelle Guerre froide »

Giulietto Chiesa commente le discours prononcé par Mikhaïl Gorbatchev le 8 novembre 2014 à Berlin à l’occasion du 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Un bilan lucide sur un quart de siècle d’Histoire dans les propos de l’ex-président soviétique.

 


 

* * * Transcription de la vidéo de Giulietto Chiesa sur PandoraTV.it* * *
www.ilfattoquotidiano.fr

Le mur de Berlin est tombé une nouvelle fois, 25 ans après, dans le vacarme de la propagande, et au milieu des acclamations des vainqueurs de la Guerre Froide. Le symbole qui a caractérisé l’événement était clair : la fin du communisme, encore une fois. Mais les choses ont été bien plus complexes que ce qu’on nous a présenté, et surtout très différentes de ce qui a été dit, ces derniers jours comme durant ces 25 années. Le rouleau-compresseur de la  propagande occidentale a écrasé toute possibilité d’interprétation, a effacé toute barrière, y compris celles de la vérification historique. Rien n’y fait : les vainqueurs ne tolèrent que leur version des faits, sans aucune variante possible. Mikhaïl Gorbatchev qui a été l’un des grands protagonistes de cette période, est venu à Berlin. On l’a félicité, remercié, mais il est venu pour donner une autre version : la sienne.

Mikhaïl Gorbatchev : "Le monde est au bord d’une nouvelle guerre froide. Certains disent qu’elle a déjà commencé."

Malheureusement, même lui a subi le vacarme des trompettes de la propagande, et ses propos ont été rapidement oubliés, balayés, à Berlin comme dans le monde entier. Toutes les caméras l’ont filmé pendant qu’il parlait de choses  peu importantes, mais l’ont ignoré quand il abordait des sujets importants. Et qu’était-il venu dire ? Je peux en parler, car j’étais là, tout près de lui, et j’ai écouté de mes 2 oreilles. Et je sais que vous, vous ne l’avez pas écouté, car ce qu’il a dit n’a été rapporté par personne, ni par les télévisions, ni par les journaux des "Maitres de l’Univers", qui sont les seuls canaux d’information que vous avez parvenez à voir. Il est venu dire qu’une grande occasion venait d’être gâchée et que l’Occident en portait une grande part de responsabilité.

Il est venu dire qu’un monde de paix et de justice était pourtant possible, et qu’à l’inverse, durant ces 25 années, c’était un monde de guerres et d’injustices croissantes qui avait vu le jour. Il est venu nous dire que cela s’est produit parce que les vainqueurs avaient abusé de leur force, avaient cassé l’équilibre de la justice, déchainant la violence contre ceux qui, même timidement, tentaient de résister.

Et Gorbatchev a dit bien d’autres choses aussi, dont celle-ci : "je suis venu défendre Vladimir Poutine, car c’est le seul qui défend les intérêts légitimes de la Russie." Et il a invité les Européens à relire attentivement le discours de Poutine à Sotchi, car selon lui, il contenait "beaucoup de choses justes". Avez-vous entendu Gorbatchev dire cela ? Non, j’en doute fort. Et le vieux président de l’Union soviétique a dit encore autre chose : qu’il y avait eu un effondrement de la confiance, dans un monde qui s’approche peu à peu du chaos, et qu’il est temps de revenir au point de départ "

Mikhaïl Gorbatchev : "Je pense, et cela doit être partagé par ceux qui me sont proches, mais aussi par beaucoup de leaders politiques, que ce qui s’est produit ces derniers mois est un effondrement de la confiance."

Alors, cette idée d’un espace commun européen, d’une sécurité commune qui serait la même pour tous, l’idée  qu’il ne doit pas y avoir d’alliances comme l’OTAN qui s’étendent, encerclent, menacent, qu’il faut aller vers un monde où les règles internationales sont respectées, et où il n’y a pas un seul pays qui commande. Voilà. Voilà ce qu’aurait dû représenter la célébration devant le Mur de Berlin. Et aussi, pour partager ce moment avec nos compatriotes allemands, car nous sommes les compatriotes de nos amis allemands dans cette Europe. Avec eux, nous aurions pu partager la joie, justifiée, de leur réunification, qui fut une belle chose. Au lieu de cela, nous avons montré le pire de nous-mêmes, en oubliant les tragédies de monde qui nous regarde, nous, les riches vainqueurs, avec un regard toujours plus sombre et stupéfait.

Mikhaïl Gorbatchev : "Au lieu d’être un leader du changement dans un monde global, l’Europe est devenue une arène de désordre politique, de compétition entre sphères d’influence, et finalement de conflits militaires. La conséquence inévitable est l’affaiblissement de l’Europe au moment mêeme où d’autres centres de pouvoir et d’intérêts acquièrent de la force. Si cela perdure, l’Europe perdra son autorité au plan international et deviendra peu à peu négligeable."

Voilà le cadre global, 25 après la chute du Mur, après deux guerres en cours (en Ukraine et contre l’EIIL) sur la base desquelles on tente de redessiner la carte du monde dans le seul intérêt des vainqueurs. Un jeu extrêmement dangereux. Et bon voyage à tous autour du soleil, si toutefois ceux qui trinquent au champagne réussissent à finir leur verre avant la fin de ce tour.

Giulietto Chiesa
12 novembre 2014

Source : http://megachip.globalist.it/Detail_News_Display?ID=112105&typeb=0
 

 

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