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Déc 19

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Comment Obama ose-t-il donner des leçons de Paix ?

Voilà quelques jours, Barack Obama a lancé un sévère avertissement à Bashar al Assad, s’adressant directement au Raïs en ces termes : « Le monde vous surveille. L’usage d’armes chimiques est, et serait inacceptable. Si vous les utilisez, il y aura des conséquences et vous en porterez la responsabilité. » Sur la nature véritable de ces conséquences, Obama s’était déjà ouvert en juin dernier : une intervention militaire de l’OTAN, avec missiles, bombardiers et troupes terrestres, surtout anglaises et françaises (les Américains ne veulent pas perdre d’hommes).

Obama a été alerté par les services de renseignement qui, grâce aux satellites US qui espionnent tout (États et hommes), avaient remarqué des mouvements « suspects » de troupes syriennes autour des dépôts où le régime stockerait les supposées « armes non conventionnelles » (essentiellement du gaz sarin, mais pas seulement).

Il me semble évident que si Assad possède vraiment ces armes « chimiques », il prenne soin de protéger ces dépôts à l’heure où les combats avec les rebelles se font toujours plus pressants, car si les « brigades révolutionnaires » s’en emparaient, pour lui ce serait la fin, mais cela serait aussi catastrophique pour tous.

Jusqu’à preuve du contraire, la Syrie est un État membre de l’ONU et elle se doit de conserver un certain sens sens des responsabilités, tandis qu’au sein des « brigades révolutionnaires », on trouve de nombreux groupes djihadistes, lesquels n’auraient aucun scrupule à utiliser ces armes contre les Pays occidentaux.

 

Les avertissements et les menaces envers Bashar al Assad ne sont que le prélude à une attaque militaire de la Syrie par les forces de l’OTAN, dans la lignée de ce qui s’est produit en Libye. Mais ce n’est pas de cela que je veux parler aujourd’hui. Ce qui m’émeut aux larmes, c’est cette sensibilité humaniste des Américains, leur sincère horreur pour l’usage des « armes non conventionnelles » jugé « moralement répugnant et inacceptable ».

Dommage que les Américains aient été les seuls à utiliser la plus terrible d’entre elles : la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki (en août 1945). Avec ce détail, toujours savamment caché, du fait que Nagasaki a été frappée trois jours après Hiroshima, alors que l’on connaissait déjà les effets terrifiants de la Bombe.

[Mais les Américains sont aussi derrière] la fourniture au milieu des années 1980 des fameuses « armes de destruction massive » (gaz sarin) à Saddam Hussein pour qu’il l’utilise contre les soldats iraniens et les rebelles kurdes, une tâche exécutée avec diligence par celui que Khomeini appela « l’impresario du crime » (5000 Kurdes irakiens gazés en une seule journée dans le village de Halabya) ; l’usage de bombes à l’uranium appauvri en Serbie et au Kosovo en 1999. Plus de 50 militaires italiens présents dans la région, qui étaient pourtant prévenus et utilisaient les précautions d’usage ont été frappés de cancers. Quant aux victimes serbes, surtout des enfants, qui comme tous les enfants après guerre sont attirés par les projectiles restés sur le terrain et qui les touchent et les manipulent, on a préféré ne pas avancer de chiffres ; les montagnes d’Afghanistan écrasées sous les bombes à l’uranium appauvri en 2001-2002, tandis qu’à l’aide du gaz qu’aujourd’hui on reproche à Assad de vouloir soi-disant utiliser, l’on cherchait à débusquer Ben Laden, ou plutôt son fantôme, dans les cavernes où il se serait réfugié ; [et aussi] l’usage généralisé au cours de tous les conflits récents des « clusters  », ces bombes qui explosent à 50cm du sol, et qui sont interdites par les conventions internationales.

Le Mollah Omar avait interdit l’usage des mines antipersonnel (pratiquement toutes de fabrication italienne, par la société Oto Melara qui, ne nous le cachons pas, fait vivre un certain nombre d’ouvriers) car [il ne les considérait pas] comme des armes de guerre du fait qu’elles frappent quasi exclusivement des passnts innocents. Mais le Mollah, comme chacun sait, est un « criminel de guerre », alors que Barack Obama est Prix Nobel de la Paix.

Massimo Fini (www.massimofini.fr)

Il Fatto Quotidiano, le 8 décembre 2012

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