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Mar 24

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La crise en Ukraine et la stratégie expansionniste de l’OTAN en Europe de l’Est

Le lundi 17 mars, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a rencontré le ministre ukrainien des Affaires étrangères par intérim, Andriy Deshchytsa, pour discuter des derniers développements en Ukraine, dont l’affaire du référendum populaire qui a signé la sécession de la Crimée de l’Ukraine et son rattachement à la Russie.

Rasmussen a tenu à souligner que le référendum compromettait les efforts diplomatiques de la communauté internationale destinés à trouver une solution pacifique de la crise ukrainienne et a répété que l’OTAN était déterminée à soutenir avec fermeté la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine, son intégrité territoriale et l’inviolabilité de ses frontières.

Les deux interlocuteurs ont aussi confirmé leur intention de consolider la coopération de l’OTAN avec l’Ukraine dans le cadre de la Commission OTAN-Ukraine, en renforçant en particulier les rapports avec les dirigeants politiques et militaires ukrainiens, en consolidant les capacités militaires de l’Ukraine et en organisant des formations et des exercices militaires conjoints. Dans ce contexte, Rasmussen a précisé que l’OTAN impliquerait l’Ukraine dans ses projets multinationaux destinés à augmenter les capacités militaires de ce pays.

Il s’agit là d’une rencontre extrêmement significative, car elle confirme le fait que l’objectif final du soutien occidental à l’Ukraine, dans cette dramatique et dangereuse crise, était bien l’élargissement de l’OTAN aux ex-pays soviétiques, au mépris des engagements pris en 1990 par le secrétaire d’État James Baker vis-à-vis de Michael Gorbatchev, et confirmés par le ministre allemand des Affaires étrangères de l’époque, Hans Dietrich Genscher, à son homologue russe Chevarnaze, sur le fait que la présence d’une Allemagne réunifiée et membre de l’OTAN excluait la moindre extension de l’OTAN vers l’Est.

Un engagement déjà violé par l’adhésion à l’OTAN de pays comme la Pologne, la République tchèque et la Hongrie en 1999, et de la Slovaquie, la Bulgarie, la Roumanie et des États baltes en 2004, mais qui jusqu’ici, n’avait jamais touché un pays de l’ex-URSS.

Cet événement marque également un changement évident, voulu ou forcé, de la politique allemande, qui jusqu’en 2008 s’était opposée à l’élargissement du Pacte atlantique à l’Ukraine et à la Géorgie : un fait sans doute encore plus significatif et dangereux puisqu’en plus de démontrer que l’Union européenne est au service de la stratégie nord-américaine face à la Russie, il ne peut que susciter chez cette dernière la fâcheuse sensation d’un lent encerclement géographique de la part de ses traditionnels adversaires occidentaux, à partir précisément de l’Allemagne.

Cent ans après le déclenchement de la Grande Guerre, ces modifications du cadre stratégique européen exigent une réflexion profonde de la part des classes dirigeantes de pays qui, comme l’Italie, n’ont jamais voulu affronter la question de ce que peut bien être le rôle de l’OTAN après la fin de la Guerre froide. En fait, avant d’accuser la Russie de Poutine d’expansionnisme, alors qu’elle ne fait que protéger ses principaux intérêts stratégiques, à commencer par son accès aux mers du Sud, nous devrions plutôt analyser objectivement l’expansionnisme occidental vers l’Est, dont l’OTAN est, depuis une vingtaine d’années au moins, le principal artisan.

Gaetano Colonna, le dimanche 23 mars 2014

www.clarissa.it

 

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