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Mai 26

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Paul Krugman : “Le vrai risque pour Berlin est que la Grèce prouve qu’il y a une vie hors de l’Euro”

Dans son dernier article sur le blog du New York Times, le Prix Nobel d’Économie, Paul Krugman, commente ce qu’il définit comme « un nouveau tremblement de terre électoral dans la zone euro », à savoir, la victoire de Podemos aux élections locales à Madrid et Barcelone.

Au coeur de l’avenir de la monnaie unique, explique Krugman, il y a la situation grecque, dont les contours sont désormais clairs : la Grèce ne peut pas se permettre un important déficit budgétaire primaire, car alors plus personne ne lui prêterait de l’argent, et elle ne fera pas non plus (car fondamentalement elle en est incapable) un important surplus budgétaire primaire, « ce serait comme se heurter à un mur. »

Alors doit-on s’attendre à un accord dans lequel la Grèce fera un petit surplus budgétaire dans les années à venir ? Aujourd’hui, écrit l’économiste, le FMI déclare très clairement qu’elle ne concèdera pas d’autres fonds tant que Syriza ne se mettra pas en règle sur les retraites et sur les réformes du marché du travail. Des réformes tout à fait discutables, étant donné que les études de ce même FMI soulignent le caractère marginal des réformes structurelles, en particulier celles sur le marché du travail, par rapport à la croissance économique.

À ce stade, le Prix Nobel d’Économie se demande ce qui pourrait se produire si d’aventure la Grèce était poussée hors de la zone euro. Ce serait certainement une situation pas très belle à voir, du moins au début.

Mais la vraie bonne question qu’il faut se poser, poursuit Krugman (ci-contre) est la suivante : que se passera-t-il un an ou deux après la sortie de la Grèce de l’euro, quand le véritable danger pour l’euro ne sera plus une faillite de la Grèce, mais au contraire qu’elle s’en sorte. « Imaginez qu’une nouvelle drachme fortement dévaluée amène soudain de nouvelles hordes de touristes britanniques, grands buveurs de bière, sur les côtes Ioniennes, et que la Grèce commence à redresser la barre. Cela constituerait un encouragement significatif pour tous ceux, quel que soit le pays, qui s’opposent à l’austérité et à la dévaluation interne, » souligne Krugman.

Jusqu’à hier, les technocrates européens faisaient l’éloge de l’Espagne comme un cas exemplaire de succès de l’austérité, bien que les Espagnols ne soient pas du tout d’accord avec cela. Aussi, si les forces anti-establishement voient dans la Grèce un modèle de reprise auquel ils peuvent faire référence, le discrédit qui tombera sur Bruxelles et Frankfort sera démultiplié. À ce stade, Berlin pourrait essayer de saboter la Grèce après sa sortie de l’euro, mais, conclut Krugman, « cela devrait être considéré comme totalement inacceptable. »

paru sur L’antidiplomatico, le 26 mai 2015

Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr
 

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